Elles sont indispensables à la réalisation d'un travail de qualité.
Amusez vous à regarder autour de vous et vous verrez que les coaches qui les respectent sont à compter sur les doigts de la main.
C'est regrettable car au final, c'est toujours le joueur qui en paie le prix fort.
Voici édictées les règles qui selon moi constituent le ciment de ce métier
1. JE CROIS EN MON JOUEUR EN TOUTES CIRCONSTANCES
Le coach est le Guide. C'est celui qui indique la route, qui la jalonne, qui donne l'énergie nécessaire à la réussite.
![]() Marcos Baghdatis et Patrick, Wimbledon 2006 | Volontairement ou pas, il marquera le joueur à jamais, à travers les options tactiques, techniques, physiques mais également par les mots qu'il emploiera et l'importance qu'il donnera aux choses. Croire en son joueur, à son potentiel, en sa capacité à faire évoluer ce qui devra évoluer, le penser fort, capable du meilleur, voilà le pré-requis essentiel à la collaboration. Nous sommes tous à l'image de celle que nous nous faisons de nous-mêmes... C'est la raison pour laquelle le coach devra avoir une grande image de son joueur, ce qui l'aidera à améliorer sa perception de lui-même. Nos seules limites sont celles que nous nous fixons... |
Le coach, trop souvent fixe des limites à son joueur : « Si tu arrives en quart de finale, tu as rempli ton contrat », ou bien « pour le moment, tu ne peux pas faire ceci ou cela. »
Le joueur ne dépassera jamais les limites fixées par le coach, même s'il en a la capacité...
La meilleure option consiste donc à ne se fixer aucune limite, et pour ce faire, ne même pas les concevoir. Il n'y a, de toutes façons qu'une seule règle qui soit universellement vraie en la matière :
Tout est toujours possible à condition d'y croire.
2. JE NE POURSUIS QU'UN SEUL OBJECTIF : LA PERFORMANCE
Ma manière de penser et ma philosophie ont souvent amené les gens à penser que j'agissais plus comme un éducateur que comme un coach et que je recherchais le confort des joueurs...
Je n'ai qu'un seul objectif, la performance au plus haut niveau. J'emploie simplement la technique la plus adaptée, les outils qui fonctionnent.
Mais chaque jour, il faut se rappeler notre seul et unique objectif, car on a vite fait de perdre son chemin pour diverses raisons :
| - Influence du milieu : dans le milieu du tennis, comme dans tous les milieux, la majorité des joueurs sont des joueurs moyens. C'est également vrai pour les coachs, et plus généralement pour la majorité des personnes évoluant dans ce milieu. La médiocrité est une maladie très contagieuse, et la seule manière de lutter contre est de se rappeler le plus souvent possible notre objectif.
- Soutien psychologique au joueur : Lorsque l'on entre dans le monde intérieur du joueur, on y découvre souvent des angoisses, des craintes, de la souffrance et la tentation naturelle consiste à vouloir aider le joueur sur le plan humain. Ce n'est pas notre travail. Notre travail consiste à le rendre performant raquette à la main. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas faire notre maximum pour contribuer à son épanouissement bien entendu, mais le risque de nous éloigner de notre mission nous guette.... - Lassitude : Vivre le quotidien avec un joueur est très difficile notamment du fait de la répétitivité du quotidien qui conduit à une certaine lassitude : entraînements, voyages, hôtels, tournois... Attention à l'habitude car elle peut nous faire perdre de vue l'objectif et nous amener à ne plus nous battre de la même manière. L'habitude est soit le meilleur des serviteurs, soit le pire des maîtres. | ![]() Mandy Minella avec Patrick et Yannick
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3. J'ASSUME LES BONS ET LES MAUVAIS RESULTATS. JE ME REMETS EN QUESTION
Combien de fois voit-on des coaches se gargariser des bons résultats de leur joueur, et d'autres montrer du doigt les insuffisances du leur joueur face à de mauvais résultats. Non, on ne peut pas se comporter comme cela.
Je suis solidaire de mon joueur
Le coach est RESPONSABLE dans la victoire et l'euphorie, mais également dans la défaite et la tourmente. On ne quitte pas le navire lorsqu'il prend l'eau. Certes, si les résultats déçoivent, probablement doit-on faire évoluer des comportements chez le joueur, mais tel est notre travail. Si cela n'est pas fait, nous en sommes responsable. C'est un travail en commun que nous réalisons et nous devons en assumer les résultats ensemble : le Joueur et nous. Nous devons faire corps. Ce n'est nullement la « faute » de l'un ou de l'autre comme nous l'entendons souvent.
Nous devons assumer et trouver les solutions ensemble.
Je me remets en question
Plutôt donc que d'incriminer l'autre comme c'est malheureusement souvent le cas, le coach doit se remettre en question : « Si nous en sommes là, c'est probablement que je n'ai pas fait le nécessaire, que je suis passé à côté de quelque chose, que je l'ai pas réussi à amener mon joueur dans cette direction, ... ». Ceci est un raisonnement constructif qui fait évoluer, grandir et rend meilleur, c'est même tout simplement la seule manière de progresser. Il n'y a aucune honte à se tromper si l'on en tire une expérience et un bénéfice.
4. JE NE JUGE PAS MON JOUEUR : LES COMPORTEMENTS NE SONT PAS "LES GENS".
Parfois, le coach constatera des comportements qu'il réprouvera, soit qu'ils lui déplaisent soit qu'il les juge inadaptés pour atteindre un haut niveau.
Par exemple, un joueur qui s'énerve énormément pendant les matches et jette sa raquette, un joueur qui ne semble pas intéressé par le gain du match et qui ne fournit aucun effort pour gagner,...
| | Il est vital de comprendre ce qui se cache derrière ces comportements. Il est aisé de juger untel ou untel « fou » pour celui qui devient furieux pendant les matchs, ou « non motivé » pour celui qui ne donne pas son maximum pendant les matchs. Ce type de jugement ne permet jamais de régler le problème, or souvent, c'est là que se trouve la clé. Une règle d'or sera donc de ne jamais porter de jugement sur ses joueurs, de comprendre que les comportements ne sont pas « les gens », mais simplement une réaction à un stimuli. La réaction est parfois inadaptée, et devra être modifiée. Si le joueur se sent jugé, il perdra confiance en son coach et en lui-même, et il sera très difficile de la rendre performant.
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Les coaches qui jugent leur joueur, ne font qu'exprimer leur propre incapacité à trouver les solutions aux problèmes qui leur sont posés.
5. JE RENTRE DANS LE MONDE DU JOUEUR
Si je suis nommé à la tête d'une grande entreprise demain, ma première action ne consistera sûrement pas à prendre des décisions. Ce serait, à mon sens, le meilleur moyen de commettre des erreurs et d'amener mes futurs collaborateurs à douter de mes capacités.
Non, ma première démarche consistera à faire un état des lieux le plus précis et le plus complet possible : dans quelle domaine d'activité cette société exerce-t-elle, quel est le marché de ce domaine, quels en sont les concurrents, les enjeux, les lobbys, quelle est la culture d'entreprise de cette société, quels grands changements ont été opérés dans les dernières années, est-elle considérée comme moderne ou désuette, .... Les questions sont innombrables, et les réponses indispensables à une bonne compréhension des stratégies à adopter pour amener mon entreprise à la réussite.
| Comprendre et maîtriser pour prendre les bonnes décisions.
S'agissant de coaching sportif, nous nous trouvons exactement dans la même démarche. Il me semble dangereux de prendre des décisions quelconques avant d'avoir opéré un état des lieux complet : Il inclut évidemment une compréhension du type de jeu, des qualités du joueur, de ses faiblesses, de ses aptitudes physiques et de sa psychologie. Chacun à une vision différente des choses, chacun appréhende le monde d'une manière personnelle. Une des premières actions du coach, consistera à entrer dans le monde de joueur, à comprendre se perception du monde et du tennis.
Le coach ne pourra réellement agir que lorsqu'il aura une fine perception du monde intérieur de son joueur.
| ![]() Quentin Folliot sur les terrains de l'Academy Mouratoglou |
6. J'EMPLOIE UN DISCOURS ADAPTE.
Nous ne mesurons pas toujours le poids de nos mots. Dès lors que nous ouvrons la bouche, chacun de nos mots est chargé de sens, et bien entendu, provoque chez l'interlocuteur un effet.
Il conviendra donc, en tant que coach, de peser chacun de nos mots pour obtenir l'effet escompté.
A chaque joueur, un discours et un vocabulaire adapté.
Chacun de nous réagit à des stimulis différents, chacun de nous a son vocabulaire propre. « Il fait beau » pour un parisien signifie « il ne pleut pas », tandis que pour un marseillais « il n'y a pas un nuage et il fait 30 degrés ».
Pour bien faire passer les messages, il conviendra donc d'employer le vocabulaire adapté à chacun.
Un discours adapté aux événements.
Parfois, il faudra apporter de la confiance, parfois du réconfort, parfois provoquer...
En fonction de ce que traversera le joueur, des objectifs suivants à atteindre, et de l'effet que nous escomptons, nous devrons adapter notre discours.
7. JE N'AGIS JAMAIS SOUS L'EFFET DE L'EMOTION
Un coach qui agit sous l'effet de l'émotion n'agit pas en coach, mais en être humain victime de ses sentiments.
Le coach est justement celui qui a du recul, celui qui choisit ses mots, ses réactions, ses gestes en fonction de l'effet qu'il recherche chez l'autre.
Combien de fois voit-on des coachs fous de rage après un match perdu par leur joueur déverser le flot de leurs frustrations dans ce qu'on appelle à tort dans ces cas de figure des « débriefing d'après matchs ». En réalité, il s'agit bien souvent d'une occasion unique pour le coach de « soulager ses nerfs » mis à rude épreuve pendant le match. Où est le coaching ? Quel effet produit-il dans ces cas sur le joueur? Simplement une énorme vague de sentiments négatifs qui devront être ajoutés à la déception du match perdu. Le joueur n'a rien appris, il a simplement perdu un peu de confiance en lui et compris que son coach nourrissait de puissants sentiments de frustration.
Ceci est un exemple, mais ils sont légion. Le coach est un être humain et tout être humain a des sentiments et des émotions. Pour éviter de se trouver dans ces cas de figure, le coach n'agira jamais sous l'effet de l'émotion. Il prendra du recul, attendra, et agira toujours à froid.












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